Iris "Frere Andre"
Hybridé par M. Elaine Bessette en 1996
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Homélies

DATE

TITRE

NOM

7 avril 2013 Ac 5, 12-16 ; Ps 117 ; Ap 1, 9-11a.12-13.17-19 ; Jn 20, 19-31 C. Petit-Homme, c.s.c.
10 février 2013 Is 6, 1-2a.3-8; 1 Co 15, 1-11; Lc 5, 1-11 J. Saint-Martin, c.s.c.
9 décembre 2012 Ba 5, 1-9 ; Phil 1, 4-6.8-11 ; Lc 3, 1-6 J. Saint-Martin, c.s.c.
14 octobre 2012 28e dimanche ordinaire - Année B C. Petit-Homme, c.s.c.
10 juin 2012 Saint Sacrement du
Corps et du Sang du Christ
J. Saint-Martin, c.s.c.
8 avril 2012 Pâques - 2012 J. Saint-Martin, c.s.c.
4 mars 2012 2e dimanche de carême B - 2012 C. Petit-Homme, c.s.c.
5 février 2012 5e dimanche ordinaire - 2012 J. St-Martin, c.s.c.
4 décembre 2011 2e dimanche de l’Avent- Année A J. St-Martin, c.s.c.
9 octobre 2011 28e dimanche ordinaire - Année A J. St-Martin, c.s.c.
25 septembre 2011 26e dimanche ordinaire - Année A C. Petit-Homme, c.s.c.
28 août 2011 22e dimanche ordinaire - Année A  C. Petit-Homme,c.s.c.
19 juin 2011 Fête de la Sainte Trinité, Année A C. Petit-Homme, c.s.c.
  Partage J. St-Martin, c.s.c.
21 avril 2011 Jeudi saint C. Petit-Homme, c.s.c.
6 mars 2011 9e dimanche ordinaire J. St-Martin, c.s.c.
30 janvier 2011 4e dimanche ordinaire - Année A C. Petit-Homme, c.s.c.







5e dimanche ordinaire 2012
5 février 2012 - Jonas St-Martin, c.s.c.
 
Is 40, 1-5.9-11; 2 P 3, 8-14; Mc 1, 1-8
 
Frères et sœurs bien-aimés, chers pèlerins, aujourd’hui dans la première lecture nous avons écouté un extrait du livre de Job qui nous met face à un homme en proie à de grandes souffrances. Il a perdu ses enfants et tous ses biens ; lui-même devient malade et se voit dans une situation sans issue. « Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur ».
 
Le cri de Job, pour qui la vie est devenue absurde, est sûrement proche et présent dans la vie de beaucoup d’hommes et de femmes de partout dans le monde. Aujourd’hui encore, que ce soit dans les pays pauvres ou les pays riches, il y a beaucoup de personnes qui souffrent et pour qui la vie apparaît dure et amère. Pour plusieurs il est impossible de faire le compte de la somme de souffrances et de difficultés auxquelles ils doivent faire face chaque jour. Tout s’abat sur eux. Ils souffrent et ne savent plus à quel saint se vouer.
 
Je crois que dans nos cœurs et dans nos vies aussi il y a parfois des tristesses et des souffrances qui ont bien le goût amer. Nous faisons chaque jour des efforts énormes pour bien remplir notre mission de baptisés dans l’Église, dans nos familles et dans la société mais nous ne voyons pas les résultats escomptés. La souffrance, elle est là dans nos efforts, dans nos relations. Si elle n’est pas physique, elle est morale ou spirituelle. Trouver quelqu’un qui nous aide à sortir de ces situations désastreuses serait pour nous une bonne nouvelle.
 
L’évangile de ce jour apporte une réponse à nos souffrances et aux souffrances de l’humanité. En la personne de Jésus, non seulement Dieu apaise et guérit les souffrances du corps mais davantage celles des cœurs. En guérissant les malades et en chassant les esprits mauvais, Jésus nous fait voir que le Royaume de Dieu est bien parmi nous. Avec la guérison des malades et la libération des possédés, il veut manifester aux hommes et aux femmes du monde entier que le Seigneur Dieu, son Père, est le Dieu des vivants et non pas le Dieu des morts. « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant », disait saint Irénée.
 
La belle-mère de Simon Pierre, atteinte d’une grosse fièvre, a eu la joie de goûter à ce bonheur sans pareil. Jésus s’est penché sur cette femme, pour la guérir de la fièvre comme il l’a fait pour tant d’hommes et de femmes qui se pressaient devant la porte de la maison où il était. Ceci nous fait voir que le Seigneur, dans ce panorama, n’est pas un spectateur, un invité qui reste inactif et impassible. Il est là, présent et agissant dans nos pensées et dans nos cœurs.

Le geste du Christ en faveur de cette femme représentant l’humanité entière nous fait découvrir qu’il y a une lumière agissant au cœur de chaque homme et chaque femme vivant des situations difficiles ou désespérées. Ailleurs il nous dira : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt11, 28).

Frères et sœurs bien-aimés, Comme les personnes dans l’évangile d’aujourd’hui nous venons vers Jésus en portant dans nos prières toutes nos souffrances mais aussi avec nos cœurs pleins de rêves et d’espérance et de grandes attentes de ce qu’il peut faire. Jésus est la main que Dieu tend à tout être humain qui a besoin de force, d’appui, de compagnie et de protection. Il est la main qui lève, qui donne force et qui met debout. Comme nous le dit le psalmiste : « Le Seigneur guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures » (Ps 146,3). Rien ne doit nous décourager, aucune situation n’est perdue et il n’est pas question de baisser les bras.
 
À la lumière de ce que nous avons écouté dans l’évangile, nous devrions avoir les mêmes sentiments et les mêmes attitudes que Jésus. Comme saint Paul, nous avons besoin que Jésus entre dans nos cœurs et nos vies pour nous transformer en disciples de la bonne nouvelle. Une partie de notre mission est d’être disposés à porter la guérison à d’autres comme Jésus le fait. Au milieu de nous et de par le monde les démons continuent de faire ravage : démons de la pauvreté, du sous-développement, de l’injustice, de la misère, du manque d’amour et de solidarité. Ce sont ces démons que nous devons guérir aujourd’hui.
 
Frères et sœurs, ayons comme le Christ un cœur compatissant. Comme le fut l’apôtre Paul, soyons nous aussi, des hommes et des femmes d’espérance. Soyons de ceux et celles qui proclament le salut en Jésus qui libère les enchaînés et chasse les démons de la tristesse et du désespoir. Ayons des yeux pour voir les merveilles de Dieu. Laissons-nous toucher par sa parole, par son amour de prédilection pour les petits, les malades et les pauvres. Laissons-nous toujours remettre en route par le Seigneur, afin que nous puissions nous écrier avec saint Paul : « malheur à moi, si je n’annonçais pas l’évangile ».
 


2e dimanche de l’Avent - Année A
4 décembre 2011 - Jonas St-Martin, c.s.c.
 
Is 40, 1-5.9-11; 2 P 3, 8-14; Mc 1, 1-8
 
Frères et sœurs dans la foi, chers pèlerins, la préparation d’un événement important demande généralement pas mal de temps et d’organisation. Selon que l’on accueille les chefs d’état des pays pauvres ou les chefs d’état du G8 ou du G20, les exigences de préparation ne seront pas les mêmes. Que ce soit l’accueil du dirigeant d’un petit pays ou d’un grand pays ou même d’un membre de nos propres familles, toute préparation d’une visite demande du temps et des efforts. À l’annonce de la visite d’un chef d’état dans un autre pays souvent des représentants de ce pays viennent plusieurs semaines à l’avance dans le pays qui accueille pour préparer la visite au moindre détail. Rien ne doit être laissé au hasard.
 
Plusieurs textes dans la Bible parlent de préparation. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples, soumis à Jésus, requièrent de lui des consignes pour la préparation de la fête de pâque : « où veux-tu que nous te préparions le repas de la pâque » ? Mt 26, 17-19. « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route », telle est la mission confiée par Dieu à Jean-Baptiste. Il a été envoyé par Dieu le Père pour préparer l’humanité à accueillir celui qui est la vie, le Seigneur des seigneurs. Un Seigneur dont il n’est pas digne de « défaire la courroie de ses sandales ».
 
Frères et sœurs, nous sommes en pleine préparation de la fête de Noël et la question à laquelle nous devons répondre aujourd’hui est « comment nous nous préparons »? Qu’est-ce que nous préparons? Qui espérons-nous en ce jour extraordinaire de la noël ? Les trois lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent nous invitent à bien nous préparer à la venue du Seigneur.
 
Pour plusieurs, l’achat des cadeaux de noël reste la préoccupation principale de cette période. En plus il faut prévoir une nourriture spéciale, décorer la maison, inviter parents et amis. Beaucoup de temps, d’énergie et d’effort sont consacrés à ces activités. Et toutes ces choses sont bonnes. Elles nous aident à créer une ambiance d’amour, d’attention, d’hospitalité et de joie. Au milieu de tant de préparations matérielles il ne faut pas perdre de vue les raisons pour lesquelles nous faisons toutes ces choses en premier lieu. Ces questions doivent surgir comme un appel à renouveler notre foi dans le Sauveur qui vient créer l’unité et l’espérance au milieu de nous et nous faire découvrir l’amour de Dieu son Père. De même que nous offrons et recevons des cadeaux, pour Noël, nous devons nous rappeler que le plus précieux cadeau est Jésus qui nous est donné par le Père.
 
Dans nos familles, nos communautés et nos sociétés en général, nous expérimentons parfois des montagnes de souffrances, des moments de déserts, de crises qui nous font souffrir et douter. Dans la première lecture le prophète Isaïe nous rappelle la fidélité de Dieu. Le Seigneur Dieu tient ses promesses. Il n’abandonne jamais son peuple. « Consolez, consolez mon peuple », dit le Seigneur.
 
Frères et sœurs, le même Dieu nous rejoint aujourd’hui dans nos situations désespérées. Il nous rejoint au cœur de nos vies, de nos joies et de nos épreuves pour nous annoncer une bonne nouvelle. Cette Bonne nouvelle c’est Jésus Christ. Il est là à nos côtés, il est là pour nous apporter la paix et la joie. Tout ce qui peut être motifs de peur, de préoccupation ou d’incertitude sur le futur nous devons les mettre dans ses mains
 
Dieu vient vers nous! Aujourd’hui il nous invite à préparer, à ouvrir un chemin pour lui dans les terres arides de notre vie et de notre société. Il faut aplanir tout ce qui est difficulté, il faut enlever les pierres, quelle qu’elles soient, pour qu’elles ne nous empêchent pas de marcher. Il faut laisser les chemins pierreux, qui sont impassables, qui sont inaccessibles à la bonté et à l’amour de Dieu. Il attend de nous que nous lui ouvrions la porte de notre cœur et de notre vie pour y faire sa demeure. « Faites donc tout pour que Christ vous trouve nets et irréprochables, dans la paix ». Ceci est la condition que pose l’apôtre pour pouvoir rencontrer le Seigneur.
 
Ainsi nous devons être conscients de la nécessité de préparer notre esprit et notre cœur pour Jésus. Nous devons nous laisser transformer, être capables de rencontrer avec le Seigneur, le Dieu de la vie, là où Jean-Baptiste le découvre d’une manière spéciale, dans le désert, dans le désert de la vie, dans le désert créé par les hommes, dans les déserts modernes de notre temps.
 
 
Le chemin, dit-on, se crée en marchant. La spiritualité de l’Avent nous dynamise et nous donne la force d’avancer. Elle nous ouvre à la confiance et à l’espérance. Préparons notre chemin intérieur. Mettons-nous en route avec celui qui nous transforme intérieurement et nous convertit en créatures nouvelles. Avec lui, tous nos chemins tortueux deviennent des chemins de lumière, de pardon, d’espérance et de vie retrouvée. Demandons à l’Esprit Saint, source de tous les commencements de nous préparer de mieux en mieux à l’accueil du Fils de Dieu dans notre cœur et dans notre vie, aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles. Amen.
 


28e dimanche ordinaire - Année A
9 octobre 2011 - Jonas St-Martin, c.s.c.
 
Is 25, 6-9 ; Phil 4, 12-14.19-20 ; Mt 22, 1-14
 
« Une image vaut mille paroles », dit-on. Frères et sœurs dans la foi, chers pèlerins, pour nous parler du règne de Dieu, Jésus et les prophètes ont souvent recours à l’image d’un banquet: « Un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés », nous dit le prophète Isaïe. Déjà, avec le prophète, le Seigneur affirme que c’est pour tous les peuples qu’il prépare son festin, ce sont toutes les nations qu’il va délivrer de la mort. « Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple ».
 
Dans le Christ Jésus, le Seigneur Dieu réalise sa promesse. Le livre de l’apocalypse décrit les noces de l’Agneau et de son épouse (Apocalypse 19, 7). Pour sa part, l’évangile d’aujourd’hui nous parle aussi d’un banquet, mais les tons et les circonstances sont distincts. Cette parabole des invités à la noce fait écho au climat de tension qui marque les relations de Jésus avec les chefs du peuple et se situe dans le prolongement de la parabole des vignerons homicides proclamée dimanche dernier. Elle met aussi en relief la liberté et la responsabilité des invités au banquet.
 
Quand on envoie des invitations aux familles et aux amis spéciaux pour une fête importante, comme un mariage, on s’attend à ce que tous les convives répondent positivement à l’invitation. L’absence de tous les invités au festin serait une grande déception pour les personnes qui invitent. Dans le cadre de l’évangile, l’invitation avait été lancée depuis longtemps, et le roi attendait une fête splendide pour les noces de son fils. Mais, le moment venu, le festin risque d’être gâché parce que tous les invités, à la dernière minute, se trouvent des excuses. Certains ne veulent pas venir prétextant qu’ils doivent aller à leur champ ; d’autres considèrent qu’ils ont des affaires plus importantes à régler ; d’autres enfin, vont même jusqu’à maltraiter et tuer les serviteurs envoyés par le roi. Mais l’offre du règne de Dieu fait son chemin malgré les prétextes et les indifférences. Devant le refus des premiers invités, le Seigneur se tourne vers la multitude, « les mauvais comme les bons » comme pour nous dire que personne n’est invité pour ses mérites ou ses apparences.
 
Frères et sœurs dans la foi, cette parabole des « invités au repas des noces » montre bien que Dieu ne restreint pas son salut à une seule catégorie de personnes, de races ou de peuples mais qu’il l’offre à tous. Dieu ouvre la porte de son règne à tous, « Dieu ne fait pas acception des personnes » nous dit l’apôtre Pierre dans le livre des actes des apôtres (Actes 10, 34-35). Le royaume de Dieu est une fête de noces pour nous, où tout est disposé pour notre bien-être, incluant notre participation au banquet définitif où « nous le verrons tel qu’il est » 1 Jn 3, 2).
 
Peut-on se présenter n’importe comment à une fête ? Dans l’invitation ou dans la publicité pour certaines fêtes apparaît généralement au bas de l’invitation officielle l’indication comme par exemple « tenue de ville ». Ainsi on fait savoir à l’invité que c’est mieux de ne pas se présenter s’il ne porte pas la tenue vestimentaire exigée. Il arrive aussi qu’on organise certaines fêtes pour oublier certains problèmes. La fête dont parle l’évangile ce n’est pas une fête pour oublier les problèmes de la vie de chaque jour. C’est une fête au cours de laquelle nous espérons que les problèmes de chaque jour ont et vont avoir une solution ; une fête qui annonce à l’humanité que c’est possible de dépasser l’ennui, le dégoût, le mal de vivre, la tristesse, la peur, l’angoisse et la souffrance qu’expérimentent beaucoup d’hommes et de femmes dans notre monde. Comme nous le rappelle saint Paul dans sa lettre aux Philippiens, le Seigneur Dieu nous donne des forces pour surmonter les adversités : adversités de tout type, parfois intérieures, intimes et profondes ; parfois extérieures, incompréhension des amis, la faim, la maladie, la mort, la séparation.
 
Frères et sœurs, le croyant (la croyante) est un homme (une femme) qui va à la fête, qui a accepté une invitation et qui s’est mis(e) en route. L’invitation est à la joie, à la paix intérieure. Jamais on a parlé d’évangile de l’angoisse et de la peur. L’évangile procure la paix. C’est une bonne nouvelle qui déclare la destruction de la mort et la mise en évidence de la vie éternelle. Celui ou celle qui accepte l’invitation doit être adéquatement vêtu, avec le vêtement de fête de l’évangile. Le roi entre dans la salle, selon saint Mathieu, voit un invité sans le vêtement de noce et l’expulse. C’est un détail qui peut-être nous surprend mais qui nous dit que l’invitation de Dieu ne doit pas dégénérer en irresponsabilité. La gratuité de Dieu réclame notre responsabilité et notre délicatesse devant les mystères saints.
 
Que peut vouloir dire, pour nous chrétiens(nes) d’aujourd’hui, l’obligation de revêtir un vêtement spécial pour avoir part au festin. Le vêtement de la noce logiquement n’est pas quelque chose de physique mais bien une condition du cœur et une manière de vivre en conformité avec l’évangile. Le vêtement de noce du chrétien est la foi en Jésus ressuscité. Il est difficile de ne pas rappeler ici l’affirmation de Paul dans sa lettre aux Galates : « Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3, 27).
 
Nous devons être disposés à porter le vêtement que nous donne le Seigneur. Il veut nous voir vêtir le vêtement de l’amour et des bonnes œuvres. Saint Paul aux Corinthiens dira « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » (1Co 13, 2). Chaque jour, dans sa maison, Dieu nous invite à son festin, à la table de sa parole et à la table de l’Eucharistie. L’obligation nous est faite de conformer notre vie à notre foi, de mettre notre foi en pratique dans des œuvres selon la volonté de Dieu. Nous devons faire attention à ce que certains événements, les affaires, le travail, les activités, les liens d’affection, les personnes, les idées ne nous éloignent pas de l’invitation de la vie éternelle que Dieu nous a donnée en son Fils Jésus. Demandons au Seigneur de nous faire goûter, dès maintenant, la paix de son Royaume et de nous aider à marcher d’un pas ferme vers ce festin éternel auquel nous sommes tous appelés. Amen.
 


26e dimanche ordinaire - Année A
25 septembre 2011 - Claudel Petit-Homme, c.s.c.
(Éz 18, 25–28 ; Ps 24 (25) 4-9 ; Phil 2, 1-11; Mt 21, 28-32)
 
1.- La parabole des deux fils en ce 26e Dimanche ordinaire A nous rappelle celle des ouvriers de la onzième heure (Mt 20, 1-16) de dimanche dernier. Dans les deux cas, l’invitation est la même : « Allez, vous aussi, à ma vigne », « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne ». Face à cet appel à la fois communautaire et personnel : Qu’est-ce que le Seigneur veut nous dire ?
 
2.- Cette parabole des deux fils fait partie du chapitre 21 de saint Matthieu situant Jésus à Jérusalem, après y avoir fait son entrée triomphale. Donc Jésus est à la veille de sa Passion, au cœur de la polémique avec les chefs des prêtres et les anciens. C’est dans ce contexte qu’il raconte cette parabole des deux fils auxquels leur père demande : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne ». Le premier répondit : « Je ne veux pas ». Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Quant au second, celui-ci répondit tout de suite : « Oui, Seigneur ! » et il n’y alla pas. Alors Jésus soulève cette question : « Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
 
3.- Dimanche dernier Jésus nous disait que « les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers ». Aujourd’hui il nous dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu ». C’est choquant ! Et, de prime abord, il n’est pas facile de faire le lien entre la parabole des deux fils et le discours de Jésus sur les publicains et les prostituées.
 
4.- Pour y arriver, Jésus nous fait lui-même une application de sa pensée : « Car Jean-Baptiste est venu à vous, dit-il, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. »
Les deux fils représentaient d’une part le groupe des chefs des prêtres et des anciens, et d’autre part celui des publicains et des prostituées. Les publicains ou collecteurs d’impôts et les prostituées sont des pécheurs publics. Et il ne faut pas comprendre que Jésus les complimente pour ce qu’ils font.
Par leurs comportements, ils sont comme le premier fils qui a refusé de travailler à la vigne mais qui, finalement, y alla. Parce qu’après avoir écouté Jean-Baptiste, ils se sont tournés vers Dieu. Donc, à cause de leur conversion, ils seront les premiers à entrer dans le Royaume. Tandis que vous, les chefs des prêtres et les anciens qui suiviez fidèlement la Loi de Dieu donnée par Moïse, vous ne vous êtes pas repentis, vous ne vous êtes pas convertis. Autrement dit : il est toujours encore temps de se convertir !
 
5.- Et, ne l’oublions pas, l’évangile du jour commence ainsi : « Que pensez-vous de ceci ? » ou bien : Quel est votre avis ?
Par ces mots, Jésus provoqueses interlocuteurs à choisir entre « dire » et « faire » la volonté de Dieu ; entre la foi et la pratique.D’où l’enjeu fondamental de notre vie.Car dire AMEN ne suffit pas mais il faut s’engager avec Dieu à défendre la vie, à la protéger et la rendre meilleure pour tous.
 
6.- Dieu est le Père qui nous appelle à faire Alliance avec lui, à collaborer avec lui. La vigne dont il s’agit est non seulement son Royaume à bâtir mais aussi le monde de notre temps dont l’Église en fait partie.
En effet, Jésus vient nous conscientiser sur notre responsabilité collective, internationale, mondiale aussi bien que personnelle, celle de « Travailler aujourd’hui à la vigne » de son Père. Cela nous oblige certes à pratiquer le droit et la justice. Car comme il est dit dans le Psaume 24 du jour : « 8 Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin.9 Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. »
 
7.- « Lequel des deux fils a accompli la volonté de Dieu ? » demande Jésus. En s’adressant ainsi aux tenants du pouvoir religieux et politique de son temps comme aux légistes et aux légalistes d’aujourd’hui Jésus veut démasquer toute fausse justice et toutes les certitudes légales qui constituent un obstacle au projet de Dieu. Ainsi donc, comment comprendre que des croyants pratiquent la peine de mort ou toute autre forme de violence par souci de rendre justice ?
Si telle est la justice ; que la justice se moque d’elle-même ! Devant les contradictions flagrantes de notre civilisation, l’appel à la conversion est urgent. Il est temps de cesser notre hypocrisie avec Dieu, entre nous et avec nous-mêmes. Il est temps de se repentir, de chercher Dieu et de lui obéir dans l'aujourd'hui de notre histoire pour aller vite travailler à sa vigne.
 
8.- Sans nul doute, la justice de Dieu et notre conversion sont encore possible. Revenir à Dieu de tout notre cœur est l'objet d'un apprentissage, d'un cheminement, d'une ascèse.
Le prophète Ézéchiel nous offre alors toute une méditation sur la justice de Dieu : « Je ne désire pas la mort du méchant... Écoutez donc,… Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c’est à cause de sa perversité qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté, s'il se met à pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra ». Ce qui veut dire que notre Dieu ne désespère jamais de quiconque. Et que personne n’est irrécupérable pour lui.
 
9.- Et, comme pour nous apprendre à mieux réaliser notre appartenance commune au Christ et à son Église, saint Paul dans sa lettre aux Philippiens nous fait des recommandations très concrètes touchant l’unité, l’humilité et le souci les uns des autres.
Ainsi, il dit : « 1s'il est vrai que dans le Christ on se réconforte les uns les autres…,2 alors…, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité. 3 Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. 4 Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres. 5 Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus. »
 
10.- Et maintenant, frères et sœurs, après avoir entendu ces paroles de l’Écriture, demandons-nous : Avec lequel des deux fils de la parabole dois-je m’identifier en vérité ?
Que l’Esprit Saint nous guide sur le chemin de la conversion.
Amen !
 
 


22e dimanche ordinaire - Année A
28 août 2011 - Claudel Petit-Homme,c.s.c.
 
 (Jr 20, 7-9 ; Ps 62 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27)
 
1.- Faisant suite à l’épisode de la profession de foi de Pierre, laquelle lui valut les clefs du Royaume des Cieux, l’évangile de ce 22e Dimanche ordinaire A nous présente : l’annonce de la Passion et de la Résurrection de Jésus (Mt 16, 21), la réaction de Pierre (v. 22-23) et le sens à donner à notre vie de disciples, à la suite du Christ (v. 24-27).
 
2.- Le lien avec l’évangile de dimanche dernier nous est donné directement par le verset 21 qui dit : « À partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples… ».
Saint Matthieu utilise cette expression : « À partir de ce moment », comme pour marquer un tournant important dans la révélation de Jésus sur sa mission. Après que Pierre ait confessé son identité de Fils de Dieu, de Messie ou de Christ, il fallait aller plus loin, dévoiler son mystère pascal. Désormais, Jésus se mettait à instruire ses disciples sur sa mission selon le plan de Dieu. Alors, que pouvons-nous comprendre davantage dans ce dialogue de Jésus avec Pierre ?
 
3.- Il s’agit là de la première annonce de Jésus de sa passion et de sa résurrection : « qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. »
En quelque sorte,Jésus, qui a vécu la haine croissante des autorités de Jérusalem, savait que cela le conduirait inévitablement à la mort. Sans équivoque : Jésus est un Messie qui sera tué, condamné par l’oligarchie religieuse et politique d’alors, le Sanhédrin. Et, le troisième jour, Dieu le ressuscitera, conformément aux Écritures. Donc Jésus accepte librement sa mort comme un passage vers la résurrection. Mais cela pose problème.
 
4.- Saint Pierre a réagi : « Dieu t'en garde, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas. » En effet, Pierre exprimait humainement son refus de la croix. Un Messie, un libérateur ne peut pas se faire tuer. Ainsi,Il se faisait le leader d’un raisonnement logique, pourtant à contre-courant du plan de Dieu. Et on pourrait considérer cette réaction de Pierre comme son premier reniement.
 
5.- Et Jésus lui répliqua : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »Ceci dit : Tu fais le jeu de Satan, tu cherches à m’écarter du projet de mon Père. Cette attitude de Pierre lui rappelle celle de Satan lors de la tentation au désert (Matthieu 4, 1-11).Celui qui a reçu la mission d’être la pierre de fondation de l’Église est devenu la pierre qui veut faire trébucher Jésus.
 
6.- Faut-il le remarquer, Jésus réprimande Pierre mais il ne le rejette pas comme il avait fait avec Satan au désert. Quand Jésus lui dit : « Passe derrière moi ! » C'est-à-dire, Pierre, marche à ma suite. Mets-toi, derrière moi, à ta vraie place de disciple ! Et plus tard, après la Résurrection, quand Pierre sera revenu (Luc 22, 32), Jésus le rétablira comme pasteur de son troupeau (Jean 21, 15-19).
Assez souvent, comme Pierre, nous sommes tentés dans nos prières de demande à vouloir dicter à Dieu ce qu’il doit faire. Agir ainsi, c’est faire obstacle à Jésus car l’obéissance du cœur n’y est pas. Comme Pierre nous suivons Jésus selon nos intérêts. Tout comme dans l’Église nous retenons, assez souvent, que ce qui ne nous plaît pas pour oublier l’essentiel. Pierre n'a retenu que l'annonce de la Passion douloureuse, pour la refuser. Il n'a pas entendu la Résurrectionque Jésus annonçait, c'est-à-dire son avènement dans la Gloire, la plénitude du salut éternel.
 
7.- Cette expérience de Pierre nous aide à nous recentrer dans notre cheminement spirituel avec le Seigneur. Comme Pierre, nous sommes souvent instables dans notre foi. Nous n’avons pas une conviction profonde, une foi lucide pour nous livrer à la volonté de Dieu. Nous voulons marcher avec le Dieu de gloire et de puissance et nous rejetons le Christ de la foi et de la souffrance. Certes, parce que nos souffrances sont grandes.
 
8.- Alors Jésus nous dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la gardera. » Être chrétien, chrétienne aujourd’hui, ce n'est pas prendre le chemin de la facilité. Et, dimanche dernier, lors des JMJ à Madrid, le Pape Benoît XVI a lancé ce vibrant appel : « N’ayez pas peur d’être catholiques… » Devenir des chrétiens et chrétiennes catholiques, convaincus de notre baptême, c’est choisir le Christ et sa croix.
 
9.- Comme Jérémie, dans ses confessions, devant l’ampleur de la tâche et la moquerie de notre entourage nous faisons l’expérience d’être rejetés, incompris à cause de Jésus Christ et de son Église. Comme Jérémie, nous sommes déchirés : « Je me disais : Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. Mais il y avait en moi comme un feu dévorant, au plus profond de mon être. Je m'épuisais à le maîtriser, sans y réussir. »
Avoir le courage de suivre Jésus, d’affirmer notre foi même dans notre milieu familial, est un défi ! Vivre aujourd’hui notre foi, en témoigner et la partager avec d’autres à l’université, au travail ou ailleurs nous demande du Courage. Mais, par-dessus tout, ayons à cœur d’approfondir notre relation avec Dieu.
 
10.-Être disciple du Christ, nous dit Saint Paul, c’est : « Offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration véritable. » Donc, faire de notre vie à tout instant une histoire sacrée avec Dieu, voilà la liturgie vraie, l’adoration véritable.
Se donner soi-même à Dieu, être ouvert à ses appels, se faire disponible à lui en tout temps, vivre l’offrande perpétuelle de soi au Seigneur est l’affaire de tout baptisé. Au fait, comme le dirait les théologiens, c’est exercer notre Sacerdoce commun des fidèles.
 
11.- Il est vrai que le silence de Dieu est déroutant. Et alors notre réaction se traduit par : Pourquoi dois-je continuer à prier et à faire des sacrifices ? Saint Paul dans l’Épitre nous livre son secret : « Ne prenez pas ce monde présent pour modèle ». À ce propos, quelqu’un dit : « Aimer le monde sans être esclaves des comportements du monde exige une vigilance de tous les instants : mais nous savons tous que ce n'est pas facile ! »
Être disciple du Christ et catholique, c’est accepter de ne pas faire comme tout le monde. Et l’Apôtre ajoute l’urgence d’une continuelle conversion de mentalité : « transformez-vous, dit-il, en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. »
 
12.- Suivre la pensée de Dieu n’élimine pas notre liberté. Bien au contraire elle la surélève à son plus haut niveau pour se traduire en bonne conduite, en attitude de bonté, de justice, de paix, de générosité et de charité fraternelle. Vouloir sauver notre vie égoïstement, c’est assurément la perdre. Mais la perdre dans l’oubli de soi, à la suite du Christ, c’est le seul moyen de la sauver.
En agissant ainsi, lors de son retour glorieux, Jésus notre Seigneur et Juge « rendra à chacun selon sa conduite », nous dit-il. Cela nous rappelle ce qu’il disait aux siens  en Matthieu 10, 32-33 : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. »
 
13.- Chers disciples de Jésus,
Devenons davantage des adultes dans la foi par notre appartenance au Christ et à son Église. Demandons au Seigneur de nous guider dans nos choix de vie pour mieux le glorifier en faisant cequi est bon, ce qui est capable de plaire à Dieu, notre Père.
Que l’Esprit Saint, le feu dévorant de Dieu, continue à prier en nous pour demander ce que Jésus a déjà demandé pour nous en Jean 17, 15 :
« Père, ne nous retire pas du monde, mais préserve-nous du Mauvais. »
Amen !
 


Fête de la Sainte Trinité - Année A
19 juin 2011 - Claudel Petit-Homme, c.s.c.
(Ex 34, 4b-6. 8-9 ; Cantique : Dn 3, 52.53.54.55.56 ; 2 Cor 13, 11-13 ; Jn 3, 16-18)
 
1.- Le Dimanche qui suit la Pentecôte, c’est la solennité de la Sainte Trinité. Et comme il est dit par le président de l’assemblée dans la monition d’entrée : « En ce dimanche où nous retournons dans le temps ordinaire de la liturgie, l’Église célèbre non pas un geste de Dieu mais Dieu lui-même dans son mystère connu sous le nom de la Sainte Trinité. » Alors, je ne vais pas vous faire une homélie mais plutôt une brève catéchèse sur le mystère de la Trinité.
 
2.- Le mot Trinité apparaît dans la littérature chrétienne vers 170, donc vers la fin du deuxième (2e) siècle. C’est comme pour éveiller votre attention et rendre un hommage solennel à Dieu qu’en 1334, 14e siècle, le Pape Jean XXII a étendu cette fête à l’Église entière.
La Trinité (avec un T majuscule) est le mystère d’un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. La Trinité est de l’ordre du mystère de la foi révélée.
Parmi les trois grandes religions monothéistes qui confessent et adorent un Dieu unique avec Abraham pour ancêtre : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, le mystère Trinitaire distingue le christianisme des deux (2) autres. Cette vérité centrale de notre foi est donc la grande originalité du christianisme. Car Jésus est le seul qui a pu nous la révéler, parce qu’il vivait cette Trinité dans l’amour.
 
3.- Le mot "Trinité" ne figure pas explicitement dans l’Ancien Testament. Malgré l’absence du mot, Dieu n'est pas pour autant une réalité lointaine, inaccessible, ni un maître impitoyable ou un juge sans cœur. Et déjà l’Ancien Testament a préparé la révélation de Dieu de multiples façons comme par exemple sa théophanie ou son apparition à Moïse selon la première lecture du jour (Exode 34,4b-6.8-9).
Sur la demande audacieuse de Moïse : « Fais-moi de grâce voir ta gloire » (Ex 33,18), le Seigneur Dieu descendit dans la nuée. Et là, il se « révèle » à Moïse, (il lui enlève le voile). Ainsi, il proclame son nom : YAHVÉ, LE SEIGNEUR, et aussitôt il précise : Dieu tendre et miséricordieux, plein d’amour et de fidélité.Voilà le cœur de la Bible.
 
4.- Le Nouveau Testament ne contient pas non plus le mot Trinité. Mais parmi les textes les plus explicites mentionnant à la fois le Père, le Fils et le Saint-Esprit, on peut citer trois (3) :
Le premier est en Matthieu 28, 19 où Jésus dit : « Allez de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit…» Ceci dit que, par le baptême, nous sommes marqués de la Trinité.
Le second est en 1 Corinthiens 12, 4-6 où saint Paul dit : « Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous ».Ainsi donc, tout dans la liturgie et la vie de l’Église est trinitaire.
Et le dernier est en 2 Corinthiens 13, 11-13 (la finale de l’Épitre du jour), encore de l’Apôtre Paul : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. » Ce texte devient à cause de son caractère trinitaire une des salutations liturgiques au début de la messe.
Et si l'on parle de Trinité, à partir de la Bible, c'est parce que Jésus a parlé de Dieu comme son Père, qu'il s'est dit son Fils et qu'il a promis à ses disciples le don de l'Esprit Saint, qui sera à la fois son continuateur, le révélateur du Père et notre Défenseur.
 
5.- Après tant de controverses, de débats philosophiques et théologiques, des hérésies et des condamnations dans l’histoire de l’Église, en 325, le premier concile de Nicée affirme dans le Symbole de foi l’unité du Père et du Fils ; et il est dit de Jésus : « engendré non pas créé, de même nature que le Père ». En 381, le premier Concile de Constantinople ajoute au Symbole le Saint-Esprit « qui procède du Père ».
Depuis l’an 400 environ, (5e siècle), les Occidentaux affirment que le Saint-Esprit, « procède du Père et du Fils ». Le terme « et du Fils, en latin : Filioque », a été introduit dans la liturgie romaine en 1024, (11e siècle) et constitue un des éléments du schisme de 1054 entre les Orientaux et les Occidentaux dénommé : Querelle du Filioque. Parce que les Orientaux ont refusé cette modification. Mais, en 1965, (20e siècle), ils arrivent à accepter le principe, ce qui a permis, la levée des anathèmes entre Orient et Occident. Ainsi donc, nous devons admettre que notre Credo est le résultat de tout un processus de recherches, d’ajustements et d’affirmations.
 
6.- Le Catéchisme actuel de l’Église Catholique, au numéro 253 enseigne que : « La Trinité est Une. Nous ne confessons pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes… »
Pour éviter toute erreur comme par le passé, au numéro 266, le Magistère de l’Église réaffirme ceci : " La foi catholique consiste en ceci : vénérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les personnes, sans diviser la substance : car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle de l’Esprit Saint ; mais du Père, du Fils et de l’Esprit Saint une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté ".
Et je vous conseillerais d’approfondir davantage votre foi sur la Trinité en lisant et en méditant le Catéchisme de l’Église Catholique, particulièrement les numéros 234 à 266.
 
7.- Frères et sœurs,
« Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en Lui-même. Il est donc la source de tous les autres mystères de la foi ; il est la lumière qui les illumine. Il est l’enseignement le plus fondamental et essentiel dans la " hiérarchie des vérités de foi "». (Catéchisme de l’Église Catholique, no. 234)
Et c’est à juste titre que Jean-Claude Barreau, dans son livre : Qui est Dieu ? écrit ceci :« Ce mystère ne nous est pas révélé pour notre édification intellectuelle, ou même pour guider notre action sociale et politique seulement. Il nous est révélé parce que le Dieu-Amour veut nous faire partager son amour ; parce que nous sommes appelés à entrer dans la Trinité. »
C’est en ce sens que saint Jean 3, 16-18 (l’évangile du jour) nous donne le secret de Dieu en disant :« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique … afin que, par lui, le monde soit sauvé… »
 
8.- Avant de terminer, je voudrais saluer et honorer en ce jour chacun de vous, papa et grand papa, qui êtes ici et qui transmettez, tant soit peu, la foi chrétienne catholique à vos enfants et petits enfants. À priori, chaque papa devrait être à l’image et à la ressemblance du Dieu Trinité dans sa famille.
Alors, soyez donc remerciés et choyés pour votre noble mission de paternité et de garant de l’intégrité familiale à l’exemple de saint Joseph. Dans la société actuelle, votre mission n’est pas toujours facile à accueillir et à accomplir dignement. Que la Trinité Sainte et Bienheureuse vous soit en aide au jour le jour.
Que cette fête de la Sainte Trinité nous soit une occasion, pour nous et nos enfants, de reprendre conscience du sens et du prix de notre signe de Croix qui en est le résumé. Que par nous Dieu soit glorifié en tout temps et qu’un jour nous soyons tous réunis auprès de lui pour toujours :


AU NOM DU PÈRE, ET DU FILS, ET DU SAINT-ESPRIT. AMEN.


Partage
Jonas St-Martin, c.s.c.
Ac 2, 14.22b-33; 1P1, 17-21; Luc 24, 13-35
 
Frères et sœurs dans le Christ ressuscité, chers pèlerins, l’extrait de l’évangile de saint Luc mettant en lumière la rencontre du Christ avec les disciples d’Emmaüs nous amène au cœur du mystère de la résurrection. Ce passage nous dit le désir de Jésus d’être avec nous, d’être tout près de nous, de nous accompagner et même de nous aider à voir clair dans les circonstances parfois déroutantes que nous vivons. Déconcertés par la brutale expérience du Vendredi Saint, les deux disciples décidèrent de se mettre en route vers Emmaüs. Abattus, découragés, désespérés, ils avaient le cœur vide. La douleur de la séparation causée par la mort du maître pesait lourdement sur eux.
 
C’est à ce moment que quelque chose d’inattendu se passe. Jésus les rejoint, il chemine avec eux, il se fait compagnon de route, il ajuste son pas à leur pas, et il entre en conversation avec eux, d’abord en les écoutant, en les interrogeant, en les rejoignant dans leurs préoccupations et leurs soucis. Cette manifestation du Christ ressuscité a une grande ressemblance avec la parabole du bon pasteur, que saint Luc raconte dans le chapitre 15 de son évangile. Le bon pasteur laisse les 99 autres et part à la recherche de celle qui était perdue.
 
Dans le passage que nous venons d’entendre, le Christ ressuscité laisse pour un moment les onze et va à la recherche des deux disciples. Comme l’explique le prophète Jérémie « Dieu se laisse trouver par celui qui le cherche de tout son cœur » (Jr 29,13). En effet, un berger n’abandonne jamais son troupeau, il en prend soin (Ps 23). Et c’est en se mettant à l’écoute de Jésus et à son école que les deux disciples finissent par avoir, le cœur tout brûlant, réponse à leurs questions.
 
Frères et sœurs, cette marche des disciples d’Emmaüs reflète la marche de tout disciple, qui est un processus dans lequel le disciple arrive graduellement à reconnaître le Seigneur, à croire en lui et à lui rendre témoignage. Les deux disciples ont reconnu le Christ quand ils l’invitèrent à entrer dans leurs maisons et, de cette manière ils ont ouvert les portes de leur vie et de leurs cœurs à Jésus. Alors, Jésus cesse d’être un étranger pour eux, il se fait intime, partage avec eux leur table. À la lumière de cette rencontre qui change à jamais leur vie, leurs yeux vont s’ouvrir. Ils sortaient le matin avec le cœur vide et les yeux tristes et les voilà de retour à Jérusalem plein de joie.
 
Et vous ? Quelle est votre route, vers où allez-vous ? Qu’est-ce qui vous motive dans la vie ? Combien de fois vous vous sentez seuls dans le chemin de vos vies, parce que vous avez entrepris un voyage à l’intérieur de vous-mêmes sans savoir où il vous conduira ? Dans ce chemin rempli de pièges et de peur, d’illusions et de tragédies, de tristesses et de solitudes, reconnaissez-vous le Christ ressuscité marchant à vos côtés ?
 
Comme Jésus qui encourage ses disciples, Dieu nous dit à chacun et chacune d’entre nous : « Je suis à vos côtés ». Il y a certainement dans la vie de nos communautés chrétiennes, de nos familles, de nos vies d’hommes et de femmes, des signes par lesquels Jésus se montre présent aujourd’hui. Nous avons à les découvrir. Il nous a d’ailleurs promis qu’il ne nous laissera pas orphelins, qu’il sera avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps (Mt 28, 19-20).
 
Ces paroles de Jésus nous invitent à la confiance. En effet, la foi au Christ ressuscité, vainqueur de la mort, doit nous permettre de grandir à travers les situations de détresses, de désert, de déceptions que nous expérimentons dans notre vie de tous les jours. Nous le savons bien, c’est dans la parole et dans l’Eucharistie que nous rencontrons celui qui donne sens à notre vie par sa résurrection. Le prix que nous devons payer à Jésus pour tant de générosité n’est ni l’or ni l’argent, mais se traduit par une fidélité à sa parole.
 
Frères et sœurs, chaque Eucharistie est un chemin d’Emmaüs. Comme les disciples d’Emmaüs, osons inviter le Ressuscité chez nous pour lui offrir ce que nous avons de meilleur dans notre cœur. Exerçons-nous à découvrir et redécouvrir sa présence dans nos vies et demandons-lui d’être toujours présent, sur nos routes humaines, afin que nous puissions par nos gestes et nos paroles affirmer qu’il est toujours vivant. Amen.
 



Jeudi saint - Messe en mémoire de la Cène du Seigneur - 21 avril 2011 
Claudel Petit-homme, c.s.c.
(Ex 12, 1-8. 11-14 ; Ps 115 (116 B) ; 1 Cor 11, 23-26 ; Jn 13, 1-15)
 
1.- Le contexte de la Pâque de Jésus
Lors du repas pascal juif commémorant le sacrifice rituel d’une libération historique, Jésus a introduit et célébré sa pâque éternelle. Et saint Jean le souligne en ces termes : « C’était avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »
 
2.- Lavement des pieds et eucharistie ?
S’avançant résolument vers sa « bienheureuse Passion, son heure », Jésus voulait vivre ses derniers instants, comme sa vie entière, sous le signe de l’amour des siens. Et, saint Jean est le seul à rapporter qu’« au cours du repas, … il se lève de table et se met à laver les pieds des disciples. » Que doit-on comprendre aujourd’hui de ce repas durant lequel le service prend le dessus sur l’autorité ?
 
3.- La tradition pascale dans l’A.T. : rituel du sacrifice et le mémorial
D’abord ce repas s’inscrit dans une très longue tradition. Le chapitre 12 du livre de l’Exode contient les textes fondamentaux sur la Pâque. Et l’extrait de la première lecture rapporte avec précision le rituel du sacrifice. La victime devait être sans tare, égorgée au coucher du soleil et mangée avec des pains sans levain. Et le sang de la victime répandu sur les maisons serait un signe de protection pour les fils d’Israël. « Ce jour-là sera pour vous un mémorial… dit le texte. C’est une loi perpétuelle : d’âge en âge, vous la fêterez » conclut-il.
 
4.- L’universalisme du mémorial de salut en Jésus
Ce sacrifice rituel devait être célébré en famille et était le privilège de la communauté d’Israël. Pourtant Jésus, l’Agneau immaculé, a intégré cette tradition et en a fait par son immense amour le privilège de tous, le signe éternel du pardon de Dieu pour tous, le privilège du nouveau peuple de Dieu en marche, le signe de l’Alliance nouvelle et éternelle en son corps livré et en son sang versé.
 
5.- La tradition pascale dans le N.T. : l’anamnèse de Paul
Dans la deuxième lecture, l’Apôtre Paul a rappelé aux chrétiens de Corinthe ce qu’il a « reçu de la tradition qui vient du Seigneur ». Ainsi donc, ayant rappelé ce qu’avait fait Jésus à son dernier repas, « La nuit même où il fut livré » c’est-à-dire aujourd’hui, - comme il est dit dans la Prière Eucharistique III - avec la mention spécifique : « Faites cela en mémoire de moi », saint Paul précise le sens et la finalité en ce qui suit : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. »
 
6.- Le geste de l’abaissement de Jésus
Ce repas de la Cène du Seigneur ne cesse de nous surprendre. Celui devant qui « tout genou fléchit aux cieux, sur la terre et dans l’abîme…, lui qui est de condition divine, il s’est dépouillé, prenant la condition d’esclave… » (Philippiens 2, 6-11). Ce que l’évangéliste Jean nous confirme par le geste symbolique et prophétique de Jésus dans le lavement des pieds.
 
7.- L’incompréhension de Pierre
Devant cet abaissement du Seigneur, Pierre était réticent : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Il s’était donc arrêté à l’aspect extérieur du geste de Jésus : laver les pieds. Pourtant Jésus veut nous amener, comme Pierre, - non à un rite de purification -, mais à en pénétrer la signification spirituelle. Il s’agit là de pureté intérieure.
 
8.- L’explication de Jésus : hériter le Royaume
« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » dit Jésus dans le Sermon sur la Montagne (Mt 5, 8). Pierre n’avait pas compris. C’est pourquoi Jésus lui a dit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi. » Donc, en tout premier lieu, Jésus nous lave les pieds, il s’abaisse devant nous et nous purifie par son sang versé pour que nous ayons pleinement part avec lui dans le Royaume. Et, comme par le baptême nous sommes devenus enfants de Dieu, et donc « héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. » (Romains 8, 17)
 
9.- La mort rédemptrice de Jésus et la liberté humaine
Face à Pierre qui, après avoir saisi la portée du geste de Jésus, voulait se faire laver et les mains et la tête, Jésus révélait davantage : « Vous-mêmes, vous êtes purs … mais non pas tous. » En effet, Jésus parlait ainsi, parce qu’« il savait qui allait le livrer » dit saint Jean. Autrement dit, la mort de Jésus dont le lavement des pieds est le symbole, suffit à la purification totale, à la Rédemption du genre humain, gardant sauve la liberté individuelle.
 
10.- Le cas de Judas face au salut de Dieu en Jésus Christ
Judas était parmi ceux auxquels Jésus avait lavé les pieds. Mais cela ne l’empêcha pas de trahir son Maître. Ainsi donc, par son mystère pascal célébré dans l’Église, dans tous les sacrements et le service généreux du prochain, Jésus nous offre la grâce du salut. Il nous ouvre le ciel mais il revient à chacun(e) d’y adhérer librement.
 
11.- Le geste de Jésus : un exemple moral
Une deuxième signification de ce geste de Jésus dans le lavement des pieds de ses amis est d’ordre moral. L’exemple d’humilité donné par Jésus doit être reproduit dans notre vie de disciples. Nous devons nous rappeler constamment que nous sommes"dans le monde" mais nous ne sommes"pas du monde" (Jean 17, 15-16). Ainsi, ne devrions-nous pas agir à contre-courant de la mentalité habituelle du monde et opposer à la dignité de l’autorité le service des autres ?
 
12.- La racine latine des mots : "ministre et ministère" et leur usage dans l’Église
D’ailleurs, il est bon de se rappeler brièvement la racine latine des mots : ministre et ministère. Dérivé de minus : inférieur, le ministre (de minister) qui signifie serviteur ; et le ministère (de ministerium) signifiant littéralement : « la fonction de serviteur ». Couramment utilisés dans l’Église, ces mots sont attribués aux pasteurs de l’Église et aux laïcs institués pour le ministère de la Parole, de la communion ou autres. À ce titre, le Successeur de Pierre s’identifie comme étant le Serviteur des serviteurs de Dieu.
 
13.- La recommandation de Jésus-serviteur
C’est pourquoi, Jésus a dit à ses disciples : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Matthieu 20, 26-28)
 
14.- Implication : l’esprit de service dans les assemblées liturgiques
Donc, dans notre assemblée liturgique, depuis le ministre qui préside jusqu’aux servants de l’autel, aux organistes, aux chantres, aux animateurs (trices), aux lecteurs (trices), aux sacristains (tines), au service d’ordre etc…, sans cet esprit de servir comme Jésus, notre action liturgique n’est que vanité, « une djob » et finalement un contre-témoignage.
 
15.- Le message de Jésus à ses disciples : « … que vous fassiez comme j’ai fait pour vous.»
En cela, le geste du lavement des pieds de Jésus ne cesse de nous dévoiler ses secrets. « Plus tard, tu comprendras. » dit Jésus à Pierre. Ce service d’esclave qu’il vient de rendre aux siens préfigure sa mort pour le salut de tous, le mystère de sa vie livrée jusqu’au bout, par son immense amour. S’adressant à nouveau aux disciples : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? … Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, leur disait-il, comme j’ai fait pour vous ».
 
16.- Le message de Jésus à tous : perpétuer les valeurs de son grand amour
Ce message de Jésus sur le sens plénier de l’amour jusqu’au don de soi-même est adressé aux ministres de l’Évangile, aux autorités de l’Église comme aux simples fidèles. Il est donné aussi aux personnalités politiques qui recherchent le pouvoir comme aux simples citoyens. Dans ce « comme j’ai fait pour vous », Jésus ne nous demande pas seulement de mimer ou d’imiter ce qu’il vient de faire ; il veut aussi que son geste fonde le service du chrétien dans le but de transmettre et de perpétuer les valeurs de son grand amour.
 
17.-Adresse et souhaits
 
17.1.-Chers confrères dans le sacerdoce,
« Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple » nous fait chanter le Psaume 115.
En ce jour où nous faisons mémoire de l’institution de l’Eucharistie et du sacerdoce, pour notre ministère diversifié et assumé au nom du Christ Jésus, et par notre présence pour célébrer dignement la Pâque du Seigneur, aujourd’hui comme toujours, je vous souhaite Bonne fête !
 
17.2.-Chers fidèles laïcs,
Priez pour l’Église et vos pasteurs. Priez pour nous comme nous ne cesserons pas de le faire avec vous.
 
17.3.-Chers jeunes,
Ouvrez grands vos cœurs à la générosité de l’amour, du service et à l’appel que le Seigneur vous fait pour accomplir divers ministères dans l’Église.
 
17.4.-Chers amis de saint frère André et de saint Joseph,
« Bénis soient la coupe et le pain, où ton peuple prend corps », avons-nous repris comme refrain du Psaume 115.
À vous, chers pèlerins d’aujourd’hui à l’Oratoire comme à nous tous et toutes qui sommes des pèlerins, en marche vers le ciel, notre patrie, que l’eucharistie soit toujours notre source de vie. Et que, par elle, nous soyons sanctifiés pour le grand jour de la Pâque éternelle dans la communion de toute la cour céleste avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint.
Amen.
 



  9e dimanche ordinaire - 6 mars 2011
Jonas St-Martin, c.s.c.      

Dt 11, 18.26-28.32; Rom 3, 21-25a.28; Mt 7, 21-27
 
Frères et sœurs dans la foi, chers pèlerins, nous sommes habitués à entendre de longs discours, de beaux discours et de belles déclarations d’intention. Et presque tous les jours nous rencontrons ou entendons dans les medias des hommes politiques qui essaient de séduire les peuples en promettant monts et merveilles. Dans la vie sociale ou religieuse, nous vivons aussi la même réalité. Le constat est que ces discours ne sont souvent que des propos creux et vains. Nous affirmons une parole, mais nous refusons de la vivre. 
 
Dans le passage de l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus rappelle à ses disciples qu’il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux, mais qu’ils doivent mettre leur vie en conformité avec leurs paroles. Cette interpellation nous rejoint tous aujourd’hui. C’est pour nous un appel à agir du mieux que nous le pouvons et à faire coïncider notre parole avec notre action. La lettre de saint Jacques nous dit cela d’une manière impressionnante : « Mettez la parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes. Qui écoute la parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir » (Jc 1, 22-23)
 
Dans la société d’aujourd’hui, tout est fait pour nous faire vivre à la surface de nous-même sans ouvrir notre cœur à Dieu et ainsi, vivre intensément une relation intérieure intime avec lui. Notre grande tentation c’est de penser qu’il est suffisant d’assister à la messe tous les jours ou même de ne rater jamais la messe du dimanche pour être de vrais disciples du Christ mais en oubliant de donner dans notre famille, dans notre milieu de travail, dans notre voisinage un témoignage d’amour et de vie fraternelle. Le Christ nous le dit clairement. Les mots ne suffisent pas, il faut les associer à des actes concrets. Dans saint Mathieu, nous lisons ces paroles de Jésus : « Que votre langage soit oui ? Oui non ? Non » (Mt 5, 37).
 
Frères et sœurs, ce que le Seigneur attend de nous, ce qu’il veut de nous c’est que nos bonnes intentions soient accompagnées de bonnes œuvres, des œuvres de bonté, de compassion, de charité et d’amour. Nous sommes appelés à vivre de sa parole et à donner corps à sa parole dans notre vie quotidienne. Comme nous le rappelle le deutéronome, l’important dans tout ce que nous faisons c’est de faire la volonté de Dieu.
 
En effet, la vie avec Jésus n’est pas une déclaration d’intention, mais un engagement à écouter sa parole et à faire passer vraiment sa vie dans notre vie. C’est une priorité absolue pour nous d’avoir une confiance totale en son action dans notre vie. Nous sommes ainsi appelés à vivre dans une relation d’intimité avec lui. Le Seigneur ne peut en aucun cas se satisfaire de belles paroles et de beaux discours. Il ne regarde pas nos belles paroles, mais notre cœur. Ce qu’il veut c’est un cœur qui se tourne totalement vers lui. Au point de pouvoir dire comme saint Paul : « Ma vie, c’est le Christ » (Ph 1,21). Car « Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les maçons » (Ps126, 1). Quand nous disons que nous aimons Dieu et n’agissons pas en conformité avec lui nous sommes comme une maison bâtie sur le sable.
 
À tous les instants de nos vies, Il y a des tempêtes de toutes sortes qui viennent ébranler notre famille, notre foyer, notre avenir. Bâtir sa vie sur le roc, c’est s’appuyer sur le Christ lui-même. En dehors de lui, nous ne pourrons pas résister aux tempêtes de la vie. Il est notre rocher, notre juge, notre citadelle (ps 62,8). Il est Dieu, le rocher où nous nous réfugions (Ps 18, 3). C’est ce que nous dit saint Paul  dans sa lettre aux Corinthiens: « Si l’œuvre bâtie sur le fondement subsiste, l’ouvrier recevra une récompense » (1 Co 3, 14).
 
Chers amis, Jésus Christ est la parole vivante du Père, une parole de vie, pour nous, aujourd’hui. Nous sommes invités à l’accueillir dans nos esprits et dans nos cœurs, à nous en nourrir chaque jour, à en vivre au quotidien. Mettons donc toute notre vie et tout notre être dans le Christ, le roc éternel. Osons l’inviter chez nous pour lui offrir ce que nous avons de meilleur dans notre cœur et nous attacher à lui jusqu’à la fin de nos jours. Amen.
 



4e dimanche ordinaire - Année A - 30 janvier 2011
Claudel Petit-Homme, c.s.c.

(So 2, 3; 3, 12-13; Ps 145; 1 Co1, 26-31; Matt 5, 1-12a)
 
1.- Dans la suite de la présentation globale du ministère de Jésus en Galilée de Dimanche dernier, nous abordons ? avec l’évangile des béatitudes (Matt 5, 1-12a) ? le premier des grands discours de Jésus que l’on appelle le « Sermon sur la montagne ». Car, comme Yahvé qui avait donné son Alliance et sa charte des dix commandements sur la montagne du Sinaï, Jésus, lui aussi, gravit la montagne et s’assit pour enseigner.
Ce long discours « inaugural » de Jésus sur le Règne de Dieu couvre les chapitres 5 à 7 de saint Matthieu, desquels la liturgie tire des extraits pour ce 4e Dimanche Ordinaire A au 7e Dimanche. Faudrait-il le souligner que Matthieu n’est pas le seul évangéliste à rapporter les béatitudes de Jésus. On les retrouve aussi en Luc 6, 12-13. 20. Entre Matthieu et Luc, les béatitudes servent d’introduction, de préambule à un discours-programme de Jésus mais avec des divergences considérables.
 
2.- En quoi consiste ce bonheur parfait, cette félicité, ce bien-être particulier proclamé par Jésus aux disciples et aux foules ?
En Matthieu, on compte neuf (9) béatitudes. Au sens religieux, la béatitude, ce bonheur révélé, veut situer l’homme dans sa relation avec Dieu qui est le seul capable à combler sa vie, avec Dieu comme la source du bonheur authentique. Dans les béatitudes, Jésus nous propose les valeurs fondamentales du Royaume de Dieu qui est proche, donc à notre portée. Par cette charte du Royaume, il veut également nous tourner vers nos semblables et nous replacer au cœur de la création entière.
Ainsi, au plan rédactionnel, la première et la huitième béatitude sont au présent : « Heureux les pauvres de cœur et heureux les persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux ! » Tandis que les autres sont au futur. Comme pour dire que le Royaume de Dieu est déjà présent mais il reste encore promis. Et le centre de chacune des béatitudes c’est la personne même de celui qui la proclame : Jésus, le Fils bien-aimé du Père. Quant à la neuvième béatitude, celle du persécuté (5, 11-12), plus développée, elle résonne d’un son nouveau. On passe de la persécution « pour la justice » à la persécution « à cause de moi », à cause de Jésus.
 
3.- En fait, toutes les neuf (9) béatitudes de Matthieu parlent de pauvreté et de justice. Cette pauvreté ne se limite pas au manque de biens matériels. Elle est avant tout et surtout une attitude de l’homme et de la femme devant Dieu. L’évangéliste parle de « Pauvres de cœur » sans nier la situation sociale d’oppression, de misère et d’injustice dans laquelle vivent concrètement les pauvres. Cette attitude de pauvreté devant Dieu s’exprime, en général, chez les doux, les affligés, les affamés et les assoiffés, les miséricordieux, les purs, les pacifiques, les persécutés, ceux et celles qui n’ont d’autre recours que le Nom du Seigneur.
 
4.- De même, la justice dont il s’agit ici n’est pas d’abord d’ordre social, international ou politique. Ce Règne de justice dont parle Jésus vient nous rappeler que Dieu, depuis toujours, est le défenseur des pauvres, des humbles, des faibles, de ceux qu’on écrase comme nous le dit le Psaume 145, de ce dimanche. De là, nous pouvons comprendre que le bonheur d’être pauvre nous engage à travailler avec Jésus et avec les démunis de nos sociétés pour que règnent la justice et la paix dans notre monde. Les béatitudes s’adressent donc à tout homme et toute femme, chrétien(ne) ou non, qui pratique la « justice ». Elles constituent des dispositions du cœur et trouvent leur source en Jésus. Les béatitudes sont le critère par excellence de l’authenticité chrétienne.
 
5.- Les béatitudes résument l’Évangile. Elles sont un cri du cœur de Jésus qui expose les exigences de bonheur selon le plan de Dieu. « Heureux ! » Voici le mot par lequel commence chaque béatitude. Par exemple, comment déclarer « Heureux ceux qui pleurent », Heureux des affligés par la violence injustement imposée ? ? Parfois, cela peut choquer ou prêter à confusion. Et l’on dirait qu’une telle béatitude est paradoxale.
Pourtant l'évangéliste Matthieu en a fait un enseignement en mettant plutôt l’accent sur les dispositions intérieures nécessaires pour accueillir le Règne de Dieu. Car, à l’époque où il rédige son texte, bien des chrétiens ont été victimes de la violence à cause du Nom de Jésus, comme Jésus lui-même l’a vécu durant sa Passion. Et voilà ce qui renforce notre espérance et notre foi sachant que la souffrance subie à cause du Royaume crée une solidarité avec Jésus qui garantit notre salut.
 
6.- Les Béatitudes annoncent le bonheur. Et il y a bien de manières de concevoir le bonheur. Pour beaucoup, il est lié à l’idée de possession : est heureux ce qui possède ce qu’il désire. Cependant, le bonheur dont parle Jésus dans les béatitudes n’exclut pas les contrariétés et la souffrance. Elles visent précisément les gens que l’on considère malheureux. Elles sont à la fois une proclamation de bonheur et pas seulement une promesse de bonheur.
La pauvreté comme telle est un mal aux yeux de Dieu. Dieu, notre Père, n’accepte pas la pauvreté dans laquelle vivent ses enfants, encore plus la mendicité, car elles déforment son image dans ses créatures. Et nous, qu’en avons-nous donc fait de la pauvreté des autres ? Fort souvent, certains en profitent grandement. Et, par-dessus le marché, certains organismes soi-disant humanitaires en tirent leur profit.
 
7.- La pauvreté des uns sert couramment de vache à lait pour nourrir et grossir d’autres. Alors, combien de temps nous faudra-t-il encore pour cacher la maladie ou bien gommer la réalité ? ? Face à la pauvreté grandissante, même dans les sociétés les plus avancées comme chez nous d’ailleurs, devons-nous attendre encore des études plus convaincantes que celles de la réalité ambiante pour circonscrire le phénomène humain de la pauvreté et de la richesse dans l’étendue de leurs causes intrinsèques, dans leurs complexités de dépendance et leurs conséquences corrélatives ?
Je le redis autrement : Notre Dieu ne veut pas la misère pour ses enfants. Notre Père veut la liberté et le bonheur pour tous. Tandis que Dieu déteste la pauvreté et le malheur de l’homme ; des chrétiens pourtant bien intentionnés ferment leurs yeux sur la pauvreté ou, au pire, l’encouragent par des injustices bien orchestrées.
 
8.- La pauvreté de cœur dont parle Jésus est d’abord une ouverture à Dieu et à nos semblables, une attitude spirituelle. Pour atteindre cette pauvreté spirituelle, la pauvreté matérielle n’est pas nécessairement une voie privilégiée. Le pauvre à qui Jésus s’adresse et déclare « Heureux » ne serait donc pas le pauvre en tant que tel mais le pauvre qui met sa confiance en Dieu, qui est ouvert à Dieu avec la confiance de la foi.
Comme il est dit dans le mot d’accueil du président de l’assemblée : « nous sommes venus ici pour accueillir le bonheur que le Seigneur nous propose… » ? Comment saisir le vrai sens et la portée du bonheur que Dieu veut pour nous et pour l’humanité ?
 
9.- Pour y parvenir, mettons en pratique cette exhortation du prophète Sophonie : « Cherchez le Seigneur, cherchez la justice, cherchez l’humilité ». Autrement dit : rendez au Seigneur le culte qui lui est dû et conformez votre conduite aux exigences de son Alliance. Pour vivre « Heureux » comme Jésus le veut, il nous faut accueillir dans la foi et l’espérance les choix de Dieu par rapport à ceux des hommes.
Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous en dit long : « … ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu… Celui qui veut s’enorgueillir, qu’il mette son orgueil dans le Seigneur… »
Que, par cette eucharistie et notre engagement quotidien avec le Christ pour la cause de son Règne, nous soyons du nombre de ceux que Dieu a choisis pour Son Jour : jour de notre justice, de notre sanctification et de notre Rédemption. Ce Jour du Seigneur qui est et qui vient.
Amen !