Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang de Jésus : Dieu, simplement présent dans nos vies
Mystère immense dans les simples matières
Jésus nous a laissé le mémorial de son corps et de son sang au cours d’un repas. Il s’est offert lui-même sous les signes du pain et du vin, comme une chair à manger et un sang à boire. Ce mystère est troublant, « scandale pour les Juifs » et une « folie pour les nations païennes » (1 Co 1, 22-25). Au fil des siècles, les grands érudits, chrétiens comme païens, ont élaboré des traités et des réflexions aussi complexes que savantes pour tenter d’expliquer ce grand et insondable mystère. Et si la signification profonde de ce mystère éternel résidait plutôt dans la simplicité de la matière qui le compose : le pain et le vin ? Une question simple se pose alors : pourquoi Jésus a-t-il choisi précisément le pain et le vin pour nous laisser le mémorial de son corps et de son sang, alors qu’à son époque, d’autres aliments de grande valeur et de grande qualité constituaient l’alimentation des Juifs ? La réponse réside dans la simplicité et l’accessibilité de ces deux éléments. Les riches comme les pauvres peuvent se procurer du pain, et même du vin à moindre coût. Tout Juif avait du pain chez lui ; le plus indigent pouvait manquer de tout, sauf de pain. En s’offrant ainsi, Jésus veut que nous le considérions comme un Dieu simplement présent et simplement accessible. Sa grande puissance se déploie dans nos vies avec une telle discrétion et une si profonde simplicité que nous peinons parfois à en découvrir les marques et les traces. Pourtant, il est simplement là, en nous et autour de nous.
Saint frère André : témoin de la simplicité agissante de Dieu
Le saint frère André est le mieux placé pour nous introduire dans ce mystère de la simplicité agissante de Dieu à travers le Saint-Sacrement. Il passait des heures devant le tabernacle à intercéder pour celles et ceux qui se confiaient à sa prière. C’est là qu’il puisait le courage, la patience et la sérénité nécessaires pour poursuivre son œuvre d’accueil [1]. Par sa dévotion et son attachement à la simplicité de saint Joseph — le modeste charpentier —, le frère André a obtenu de nombreuses grâces pour une multitude de fidèles. Lui-même était un homme simple, fragile et pauvre. Dieu s’est justement servi de cette fragilité, de cette simplicité et de cette pauvreté pour faire de lui le grand témoin de l’action divine dans notre Église et dans nos vies. Contemplons la simplicité de Dieu dans le grand mystère de son Corps et de son Sang. Regardons la simplicité de saint Joseph, le charpentier devenu père adoptif du Fils de Dieu et de tous les croyants. Regardons la simplicité du frère André, l’humble portier à la santé fragile, devenu le témoin éclatant de la puissance de Dieu. Regardons enfin Dieu qui agit en nous, simplement et humblement.
[1] https://www.cecc.ca/leglise-catholique-au-canada/saints-blesseds-canada/canadian-saints/saint-brother-andre-1845-1937/






