L’Oratoire, une beauté naturelle

L’Oratoire, une beauté naturelle

 

Le printemps est enfin à nos portes. Déjà, les horticulteurs, jardiniers et employés des équipes de l’entretient extérieur s’activent pour offrir à nos pèlerins des plates-bandes qui feront honneur à saint Joseph et à la beauté des lieux.

 

Un potager au pied de la montagne

Au mois de mai 1896, bien avant la construction de la première chapelle, le Collège de Notre-Dame fait l’acquisition du terrain d’environ 7 arpents (presque 24 milles mètre carrés) situé tout juste devant ses bâtiments du chemin Queen-Mary. Deux raisons motivent cette décision importante : d’abord, conserver un environnement sain pour les jeunes élèves. On ne veut pas dans le voisinage immédiat des clubs sportifs ou des débits de boissons. Aussi, la terre devant la montagne est cultivable. Les récoltes envisagées pourront nourrir les élèves et même faire un petit profit à la revente au marché de Montréal.

 

Vue sur le Collège Notre-Dame et son jardin depuis la chapelle. Date inconnue [avant 1910 ?]. Photographe non-identifié. Archives OSJ, 105-02b.

Jusqu’à la période de la construction de la crypte, soit 1914-1915, le terrain devant l’Oratoire servira effectivement de potager pour le collège. Sur les rares photos que nous avons de cette époque, on voit bien que, mis à part un mince chemin en terre qui conduit vers la chapelle, les terrains sont en friches.

 

Vue sur l’Oratoire Saint-Joseph, quelques années plus tard, en 1912. Au pied de la chapelle se déroule le même chemin de terre et, de chaque côté, des terrains pour la culture maraîchère. Photographe non-identifié. Archives OSJ, 30-01.

 

Vue sur l’Oratoire en 1910. Les terres pour les potagers du Collège sont enclavés entre le Chemin Queen-Mary et la petit côte qui mène vers la chapelle et le kiosque. Photographe non-identifié. Archives OSJ, 30-24.

 

Après la construction de la crypte, on voit apparaître un aménagement différent. Avec l’ajout, au printemps 1924, du monument à saint Joseph, l’entrée devient un peu plus spectaculaire. On désigne désormais ce secteur du sanctuaire comme étant « l’axe sacré ».  La vue dégagée sur la crypte et le monastère à partir du Chemin Queen-Mary fait que l’on priorise un terrain gazonné encadré par deux chemins asphaltés pour les voitures et, au centre, les célèbres escaliers. De chaque côté du chemin pour les piétons, on plante des conifères. À droite, on optera plutôt pour une rangé d’arbres feuillus (des frênes ?) qui serviront de clôture naturelle avec ce qui reste du jardin et, dans un futur proche, le stationnement. Enfin, autour de la statue de saint Joseph, on installe des monticules de terre pour y planter les arrangements de fleurs et des bosquets. Le site à fier allure, comme on peut le voir sur cette photo de 1924.

 

L’Oratoire Saint-Joseph et son axe sacré, en mai 1924. À droite de la photo, on devine encore une parcelle de terre qui semble utilisée pour la culture de légume. Photographe inconnu. Archives OSJ, 43-35

 

Des fleurs, des hommes et des femmes

Les aménagements aux plates-bandes, à l’axe sacré et aux terrains en général sont confiés à l’équipe de l’entretient extérieur. C’est encore le cas aujourd’hui. Ces collègues, hommes et femmes de métier, jardiniers et horticultrices, nous les retrouvons à chaque printemps lors de la préparation des semences et des terrains.

 

L’entretient des terrains n’est pas seulement consacré aux fleurs, mais aussi aux terrasses abruptes. Date inconnue. Photographe Gérard Dupuis [?]. Archives OSJ, 161-5

Des horticultrices au petit soin avec les plates-bandes de l’axe sacré, vers 1995. Photo de Thérèse Barron. Archives OSJ.

 

Vues de l’axe sacré. Date inconnue. Photographe non identifié. Archives OSJ.

 

Vues de l’axe sacré. Date inconnue. Photographe non identifié. Archives OSJ.

 

À partir des années soixante, les nouveaux jardins du Chemin de la croix exige énormément de temps à l’horaire de l’équipe de l’entretient extérieur. Mais celle-ci ne néglige pas pour autant la beauté des parterres partout ailleurs sur le site. La preuve en est que l’Oratoire se mérite plusieurs prix qui soulignent la qualité de l’aménagement floral. En 1974, l’Oratoire obtient une première mention lors de la semi-finale du 35e Concours d’embellissement mené par le Service des Loisirs de la Ville de Montréal et le Jardin Botanique. Puis, coup sur coup, l’Oratoire se voit décerner le 2e prix pour ses parterres dans la catégorie industrielle-institutionnelle en 1975, le premier prix dans la catégorie Église en 1976 et une fois de plus en 1977. Ces réussites sont le résultat des efforts du père Paul Leduc, c.s.c., directeur des travaux artistiques depuis juillet 1962 (Robillard, 387).

 

À gauche, le père Paul Leduc, c.s.c., recevant le prix dans la catégorie Église par le Service des loisirs de la Ville de Montréal, en octobre 1976. À droite, M. Marcel Parent, assistant-surintendant de la Division des Loisirs de Montréal. Photographe non identifié. Archives OSJ.