« Un nid d’amour pour les malades » : les origines du Pavillon Jean-XXIII
À l’été de juin 1966, une œuvre unique en son genre prend racine sur les terrains de l’Oratoire Saint-Joseph : le Foyer Jean-XXIII.

Le pavillon à son inauguration en 1966. On désignait aussi le lieu d’hospitalité ou de foyer des malades.Photographe non identifié. Archives OSJ, série 266.
Un rêve patiemment construit
Dans ses notes pour servir à l’histoire de l’Œuvre du pèlerinage des malades (OPM) [i], le père Fernand Gagnon, c.s.c., nous rapporte que l’Oratoire réfléchissait, dès 1956, à l’acquisition d’une résidence à proximité du sanctuaire pour y accueillir adéquatement les pèlerins atteints de handicaps pour des séjours de quelques jours.

Le père Fernand Gagnon, c.s.c., directeur religieux de l’OPM. Il consacre une bonne partie de sa carrière et de son ministère à l’accueil des malades. 3 juin 1966. Photographe non-identifié. Archives OSJ, 266-25a.
Le projet s’emballe rapidement : le 3 mars 1959, on propose non pas l’achat d’une maison mais bien la construction d’un édifice neuf de 7 étages, situé à l’est de la crypte. Le 24 mars, l’architecte Gilbert Moreau dessine les plans du projet. Le 15 avril, on passe de 40 chambres à 100, puis à 200. En octobre, on redescend sur terre en proposant 90 chambres privées et des dortoirs pour un total de 165 lits. Arrive enfin l’estimation des coûts : 800 000$… Sans surprise, cette version du projet est rapidement abandonnée, mais l’idée perdure.
Un accueil pour toutes et tous
En juin 1965, les responsables de l’OPM (dont le père Gagnon fait partie) adressent à nouveau leur demande aux autorités de l’Oratoire. Le recteur, père Marcel Lalonde, c.s.c., leur propose une résidence à l’ouest sur le terrain de l’Oratoire et qui a été achetée en 1956 : la Maison Gordon. Cette maison, sans vocation claire à l’époque, pourrait peut-être se révéler utile pour répondre aux besoins de l’OPM.
Le père Gagnon entreprend aussitôt les travaux d’aménagement nécessaires pour que les malades aient accès aux pièces selon leurs capacités, mais le plus difficile est de trouver une personne capable de prendre en charge une hôtellerie spécialisée. Le poste exige une présence de jour comme de nuit pour assurer le confort de 6 personnes handicapées et ce, pour une période allant de 5 à 7 jours. Suivant le conseil du recteur, le père Gagnon entame des démarches auprès de la congrégation des Sœurs de la Providence. Celles-ci acceptent de relever le défi et dépêchent deux religieuses à temps plein dès janvier 1966 [ii]. Les choses vont vite et bien, tellement qu’une première fête de Noël est célébrée au Pavillon le 26 décembre 1965 avec 16 handicapés.

Les Soeurs de la Providence ont pris en charge la’administration et l’accueil des pèlerins malades dès 1966. De gauche à droite: Sr Marie-Isidore, assistante et Sr Marie de Galilée, Directrice du Pavillon Photographe non-identifié. Archives OSJ, 266-12b.
L’inauguration officielle du Pavillon Jean-XXIII est célébrée par Mgr Paul Grégoire le 3 juin 1966.

Cérémonie d’inauguration et de bénédiction du Pavillon Jean-XXIII. Mgr Paul Grégoire, évêque auxiliaire, célèbre en compagnie du recteur, père Marcel Lalonde (à gauche) et père Émile Deguire (à droite), accompagné de bénévoles. 3 juin 1966. Photographe non-identifié. Archives OSJ, 266-27a.
Des collaborations remarquables
L’Oratoire charge un loyer à l’OPM pour couvrir les frais d’entretien du bâtiment. Afin d’augmenter les revenus, le père Gagnon aménage et ouvre des chambres adaptées au deuxième étage. Le coût du séjour est fixé à 2,50$ par personne, par nuit, dans un dortoir. Une chambre privée se loue 5 $. « C’était peu mais la plupart ne pouvait donner d’avantage », écrit-il.
Pour venir en aide aux finances du Pavillon, l’OPM met sur pied une vente annuelle de gâteaux de Noël. Les donateurs sont sollicités par l’entremise d’une campagne de vente de timbres annoncée dans L’Ami du frère André et qui rapportera plus de 30 000 $[iii]. Enfin, les Sœurs de la Providence fournissent « tout le matériel nécessaire pour que le pavillon soit beau et agréable : rideau et linge de maison ont afflué au pavillon grâce à elles ».

Un spécimen de timbre offert aux donateurs et aux abonnés du Bulletin L’Ami du frère André pour aider au financement du Pavillon Jean-XXIII. Archives OSJ, P006.
Le rêve, devenu réalité, le père Gagnon écrira que « cette maison est devenue un vrai nid d’amour pour les malades ».
[i] Toutes les notes et les citations sont tirées des Archives OSJ, P006, Historique Pavillon Jean-XXIII.
[ii] Sœur Marie de Galilée, s.p., directrice du pavillon, accompagnée de Sœur Marie-Isidore, s.p., infirmière.
[iii] Note manuscrite de père Fernand Gagnon, c.s.c., sur le bulletin L’Ami du frère André en août 1965. Archives OSJ, P006, Historique Pavillon Jean-XXIII.



